De Mvns520193bleuAdidas Sport Format Moyen Sac Tiro15 wOnvm0N8
Neurosciences

Certaines personnes commettent des actes violents pendant leur sommeil. En cherchant à comprendre l'état de leur cerveau, scientifiques et médecins étudient les limites de la conscience.

, Giulio Tononi et Claudio Bassetti CERVEAU & PSYCHO N° 61De Mvns520193bleuAdidas Sport Format Moyen Sac Tiro15 wOnvm0N8
Adidas Originals Tee Boot Vente Shirt Blanc Achat History drQoECxBWe
Survetement jogging Fille Bb Jogging nouveau Adidas 2013 j54ARL3

Le matin du 24 mai 1987, peu après 1 h 30 du matin, un Canadien âgé de 23 ans, nommé Kenneth Parks, a conduit 20 kilomètres jusqu'à la maison de ses beaux-parents, a étranglé son beau-père, et battu et poignardé sa belle-mère, qui n'a pas survécu. Un an plus tard, il a été acquitté. Après une enquête minutieuse, les spécialistes étaient arrivés à la conclusion que K. Parks était en état de somnambulisme au moment des faits.

Bien que des cas aussi extrêmes soient très rares, les actes violents non intentionnels commis par des personnes présentant des troubles du sommeil ne sont pas exceptionnels. Dans une étude publiée en 1995 sur 64 personnes hospitalisées pour somnambulisme ou terreurs nocturnes, plus de la moitié présentaient des comportements dangereux pendant leur sommeil. Une analyse réalisée dans un autre hôpital la même année avait conclu que 70 pour cent des 41 patients somnambules suivis agissaient de manière potentiellement dangereuse.

Les données des enquêtes conduites dans la population générale confirment que la violence pendant le sommeil n'est pas une menace à prendre à la légère. Dans un article publié en 2010 et concernant près de 20 000 entretiens téléphoniques réalisés dans six pays européens, environ 1,7 pour cent des personnes interrogées rapportaient des comportements violents au cours de leur sommeil. Comme cette étude était fondée sur des récits personnels, les chiffres étaient peut-être surestimés. Néanmoins, le résultat était en accord avec une enquête antérieure dans laquelle 2,1 pour cent des participants avaient rapporté avoir des comportements dangereux pendant leur sommeil.

En réalité, la violence au cours du sommeil est une manifestation d'un trouble sous-jacent. Les scientifiques qui étudient ces comportements – et nous en faisons partie – cherchent à identifier les déterminants psychologiques et neurologiques de ce trouble, et à développer des traitements efficaces. Mais ce qui rend le phénomène inquiétant, c'est l'absence totale d'autocontrôle qu'ils traduisent.

Grâce aux techniques d'imagerie cérébrale, nous avons appris que tandis que certaines régions importantes du cerveau du somnambule se comportent comme si le sujet était profondément endormi – par exemple, le lobe frontal –, d'autres sont aussi actives que si la personne était éveillée. Ces résultats nous permettent non seulement d'explorer les frontières qui séparent le sommeil normal du sommeil pathologique, mais aussi de sonder les mystères de la conscience et du libre arbitre.

Troubles du sommeil

On dispose de témoignages très anciens de tels comportements nocturnes extrêmes. Les poèmes épiques d'Homère mentionnent le suicide tragique d'un dormeur. En 1313, un conseil clérical avait conclu qu'un tueur somnambule n'était pas coupable du crime qu'il avait commis. L'un des premiers cas jugés impliquant un acte violent au cours du sommeil s'est produit en 1791 dans la région d'Europe centrale de Silésie : un bûcheron avait tué sa femme à coups de hache et avait ensuite juré qu'il dormait au moment de l'acte. Il est impossible de connaître la vérité dans ces affaires. Toutefois, la littérature médicale témoigne de nombreuses actions complexes exécutées durant le sommeil, y compris conduire, manger, faire l'amour, tuer, se suicider ou violer. En fait, une grande partie des données que les scientifiques utilisent pour étudier les cas de violence au cours du sommeil provient des enquêtes criminelles et des procès.

La violence durant le sommeil tend à apparaître dans trois situations principales : des troubles du sommeil paradoxal (rem, pour Rapide Eye Movements en anglais), les troubles de la vigilance et l'épilepsie. Nous nous intéresserons principalement aux troubles de la vigilance, qui se produisent au cours du sommeil non paradoxal. Dans ces troubles, le dormeur est dans un état dit dissociatif, comme s'il commençait à se réveiller mais n'y parvenait pas complètement. La première étude d'imagerie cérébrale dans laquelle cet état fut observé a été conduite par l'un d'entre nous (Cl. Basseti) à l'Hôpital universitaire de Berne en 2000. L'activité cérébrale d'un jeune somnambule âgé de 16 ans a été suivie pendant deux nuits au moyen d'électrodes placées sur le cuir chevelu pour obtenir un enregistrement dit polysomnographique.

Au cours d'une de ces deux nuits, tandis que l'enregistrement montrait que l'adolescent était profondément endormi, il s'est redressé sur son lit, a ouvert les yeux, une expression effrayée sur le visage. Trente secondes après le début de cette crise de somnambulisme, l'équipe de Cl. Basseti lui a injecté un marqueur faiblement dosé. Quelques heures plus tard, le radiomarqueur permit aux chercheurs d'obtenir des scanners de l'activité cérébrale au moment de la crise de somnambulisme.

Nous avons ensuite comparé l'activité cérébrale de ce sujet quand il dormait profondément et quand il avait une crise. Durant l'état de somnambulisme, les scanners révélèrent une plus grande activité des régions cérébrales impliquées dans le contrôle moteur, dont le cortex cingulaire postérieur et certaines régions du cervelet, ces deux structures étant localisées respectivement au centre et à la base du cerveau. Quand on a comparé son activité cérébrale et celle de sujets sains éveillés, on a constaté que les régions responsables des fonctions cognitives supérieures, telles que l'attention, la planification et le jugement étaient moins actives.

Une configuration quasi identique a été retrouvée en 2009 par les spécialistes du sommeil Michele Terzaghi et ses collègues de l'Hôpital Niguarda de Milan. Ces chercheurs avaient implanté des électrodes dans le cerveau d'un patient souffrant de somnambulisme et d'épilepsie. Au cours de l'étude, le sujet s'est assis et a brièvement parlé en dormant. Comme dans l'étude de Cl. Basseti, certaines parties du cortex cingulaire postérieur, au cœur du cerveau, semblaient aussi actives que chez un sujet éveillé, tandis que d'autres régions restaient dans un état de type sommeil.

Un cerveau en partie éveillé, en partie endormi

Ces études on apporté diverses informations, notamment que pendant un épisode de somnambulisme, l'activité fonctionnelle du lobe frontal correspond à celle du sommeil profond. Les lobes frontaux permettent, entre autres, d'évaluer les conséquences de ses actes. Des dysfonctionnements de cette zone ont été liés à des comportements violents.

Mais la faible activité du lobe frontal ne suffit pas à expliquer les actes violents commis pendant le sommeil. Le somnambulisme est fréquent chez l'enfant, mais sans conséquences, et chez de nombreux adultes, le seul problème est qu'ils se cognent contre les meubles. Mark Pressman, médecin du sommeil de la Faculté de médecine Thomas Jefferson, à Philadelphie, a analysé 32 cas de violence nocturne décrits dans la littérature médicale et légale. En 2007, il a rapporté que la plupart des comportements agressifs étaient provoqués par des rencontres avec d'autres personnes pendant la crise de somnambulisme.

Les comportements du sommeil anormal peuvent prendre d'autres formes. Ainsi, l'équipe d'Isabelle Arnulf, à l'Hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, a interrogé 38 patients suivis pour des troubles du sommeil sur le contenu et la fréquence de ces troubles. Les somnambules ont rapporté des images cauchemardesques. Dans cette étude, publiée en 2009, 84 pour cent de ces images étaient effrayantes et plus de la moitié étaient associées à un événement grave. Environ un quart des individus interrogés avaient rêvé qu'ils étaient agressés.

AdidasTee Images 58 Du Meilleures 2017 Shirts En Tableau QrBsdhCxt

Le sommeil n'est pas un phénomène de tout ou rien. Parfois, la frontière entre sommeil et éveil est perturbée, et les individus se trouvent piégés entre les deux états. Le somnambule qui attaque un membre de sa famille, le narcoleptique, conscient, mais qu'un bruit fige sur place, le rendant brusquement incapable de bouger, ou encore le rêveur lucide, qui sait que ses expériences ne sont pas réelles, en sont des exemples. Ces cas ouvrent une fenêtre sur l'inconscient. La conscience ne se contente pas de s'évanouir lorsque nous nous assoupissons et de réapparaître à l'éveil. Elle peut prendre diverses formes, de brèves images au moment où le sommeil s'installe, jusqu'aux expériences hallucinatoires dans les rêves qui surviennent plus tard au cours de la nuit.

Pour étudier la conscience

Ces observations soulèvent inévitablement des questions difficiles. Qu'est-ce qui détermine le niveau de conscience durant le sommeil et l'éveil ? Quelles sont les régions cérébrales qui doivent être éveillées pour que l'on puisse réaliser délibérément des actions, en étant parfaitement conscient de leurs conséquences ? Dans quelle mesure une personne comme K. Parks est-elle coupable de son comportement ? Seules des études supplémentaires sur le cerveau, éveillé et endormi, et les comportements associés apporteront des réponses.

Jusqu'à présent, ce travail a montré que le sommeil et l'éveil peuvent coexister dans le cerveau. Le sommeil peut toucher certaines populations de neurones mais pas d'autres. Cette observation a aussi des conséquences pour les personnes en bonne santé, durant l'éveil. Pensez à la dernière fois où vous avez passé une mauvaise nuit. Il est tout à fait vraisemblable que, le lendemain, certaines régions de votre cerveau aient été hors circuit, tandis que d'autres se trouvaient dans un état d'éveil normal. C'est ce que l'un d'entre nous (G. Tononi) et ses collègues ont montré dans une étude publiée en 2011. Dans le cerveau de rats éveillés privés de sommeil, certains groupes de neurones cessaient de décharger, un phénomène qui augmentait avec la privation de sommeil. Avec une équipe de l'Université de Californie à Los Angeles, ils ont aussi observé, chez des personnes qui dormaient, que certaines régions cérébrales se comportaient comme si elles étaient déjà éveillées, surtout en fin de la nuit, les autres aires étant encore « endormies ».

Étant donné que nous sommes capables d'identifier les régions cérébrales impliquées dans les troubles du sommeil, ces situations sont précieuses pour nous permettre d'étudier comment s'installe la conscience après le sommeil. Les découvertes faites sur les violences commises pendant le sommeil pourraient avoir des implications morales, éthiques et légales que la société commence tout juste à reconnaître.

Grefoucblackcwhite Grefoucblackcwhite FemmeAdidas Chaussures De FemmeAdidas Grefoucblackcwhite Chaussures Randonnée De De Chaussures Randonnée 0kX8OwPn

Thèmes

Magazines

De Mvns520193bleuAdidas Sport Format Moyen Sac Tiro15 wOnvm0N8
Newsletter
Retour en haut de page
Itasca Crew Sweat Adidas Bleu Weare Le Blanc Gris Dans Shop 34RAjL5

Vous avez déjà un compte ?

Identification

Identifiez-vous pour accéder à vos contenus

Voir
Mot de passe oublié ?

Vous n'avez pas encore de compte ?

Inscription

Inscrivez-vous pour activer votre abonnement ou commander des numéros.

Créer mon compte